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          l'Histoire ; Once upon a time in AUBUSSARGUES

Adossé à la colline, abrité du mistral, orienté au sud sur la plaine, Aubussargues a un passé lointain. Les nombreux vestiges préhistoriques que l’on trouve un peu partout l’attestent, notamment autour du mas Moïse où il est signalé un atelier de taille de silex ainsi qu’au lieudit Cantagal où, en 1865, un hypogée donna lieu à des fouilles : Des crânes d’une jeune femme et d’un jeune homme ont été recueillis associés à de la céramique, des pointes de flèches, des couteaux de silex.

            Aubussargues fit partie du territoire des Volces Arécomiques  et, plus tard, les Romains ont occupé le territoire et c’est Albucius ( nom qui se trouve en divers endroits des oeuvres de Cicèron, homme politique et philosophe Romain né en 106, décédé en 43 avant Jésus Christ ), propriétaire de la villa Romaine qui a donné son nom à Aubussargues.

Aubussargues s’est écrit en ;

                                                                    - 1260 : Aubessargues,

                                                                    - 1381 : Villa Albussanicis,

                                                                    - 1384 : Albusanicae

                                                                    - 1547 : Aubussargues

Aubussargues était, avant 1790, de la Viguerie et du doyenné d’Uzés. Le prieuré Saint Pierre d’Aubussargues était à la collation de l’Evêque d’Uzés.

Une antique chapelle est attestée au lieudit " mas de chapelle ", emplacement d'une villa romaine. Elle fut lieu de culte sous les Carolingiens ( IX - Xe siècle ).

La Seigneurie d’Aubussargues a appartenu tour à tour aux familles de Vergèze, Boileau de Castelnau, Mathei de Valfons, d’André. Le château d’Aubussargues appartient toujours à cette famille ; C’est de nos jours une résidence secondaire, le dernier membre de la famille ayant habité le château fut la Vicontesse d’André.

Le château fût brûlé plusieurs fois ; en 1710 pendant les guerres de religion ainsi que le 5 avril 1792  pendant la Révolution, le village lui-même ayant faillit être détruit par les flammes. En 1897, un incendie provoqué par la foudre détruisit d’importants documents datés de l’an 1000. ( source les fiefs nobles du château ducal d’Uzés, Lionel d’Albiousse, 1907). Le dernier incendie du château et des archives qu'il contenait date de 1944, lors de la débâcle des troupes d’occupation allemandes.

Les libertés municipales vis à vis du seigneur local se développent. Dès 1317, Aubussargues possède ses Consuls ( Maires ou Conseillers Municipaux d’aujourd’hui ). Parmi eux, Reymond De Lacroix en 1642, Reymond Lacroix en 1674 , André Lacroix en 1716, Hours Antoine en 1725, Etienne Lacroix en 1729, Hours Jacques en 1750. En 1669, ils sont au nombre de trois : 2 consuls modernes, Messieurs Jaquin Dumair et Pierre Nouet et 1 consul vieux, Sieur Jean Lacroix. Le Compoix (registre des propriétés et propriétaires ) de 1669 pour lequel M° Reymond De Lacroix était chargé de l’estimation des biens, dénombre 84 propriétaires habitant Aubussargues, 2 d’Uzés, 4 de Nîmes, 1 de Saint Mamert, 2 d’Arpaillargues, 9 de Garrigues, 2 de Collorgues, 1 de Serviers. Si l’on prend pour base une population de 4 personne par famille, cela donne environ 300 habitants, sans compter ceux qui ne possèdent rien. Dès 1945 et l'octroi du droit de vote aux Femmes, c'est trois Dames qui sont élues au Conseil Municipal d'Aubussargues : Mesdames Deleuze Marcelle, institutrice, Chalier Emma et Jouffre Maria , conjointe d'agriculteur, 40 ans à l'époque ; 101 ans en cette année 2006, doyenne du village, toujours présente avec ses 4 enfants, 8 petits-enfants, 21 arrière-petits- enfants et son arrière-arrière-petite-fille. Sa notoriété est maintenant mondiale depuis le coup de boule de Zizou.

    La plus petite parcelle de terrain est exploitée ; olivettes, vignes, … Peu à peu, le paysage se modifie. Pour gagner de la place, les paysans défrichent, ôtent les pierres des champs, les entassent en bordure ( les clapas, les cabanes ou capitelles ), construisent des terrasses (travaillent à valla ; creusement d’un fossé où l’on enterre les pierres retirées du champ pour ne laisser en surface que la terre pouvant produire), délimitent leurs champs avec des murets de pierres sèches. Si le paysage se modifie, les toponymes se sont transmis et l’on retrouve de nos jours : les Faïsses, Boudouse, Le Rajol, Conil, Saint Peyre, Missargues, Cazaril, Massargues, la Crémade, Le Roc, les Arboussières, Cantagal, Montescaud,…

On retrouve cette économie de l’espace dans le village. Construit sur un calcaire compact, à la limite de la plaine alluviale et de la garrigue, il laisse ainsi libre les terrains agricoles. Lui aussi se transforme. La rue principale, qui traverse le village d’est en ouest a été prolongée, après avoir traversé la place de l’Eglise, par la démolition de la maison Hours Auguste en 1904 permettant l’accès direct jusqu’au Temple. Au sud de la place de l’Eglise était installé l’ancien cimetière, abandonné suite à la création de 2 cimetières ( 1 Catholique et 1 Protestant, réunis aujourd’hui ) en 1859. Les rues sont étroites. Les habitations se situent au 1er étage. Au rez-de-chaussée, après avoir passé un porche l’on se trouve souvent dans une cour intérieure avec de chaque côté des caves, des remises. Autrefois c’était des passages communs qui permettaient d’aller facilement du nord au sud du village. L’aménagement de ces rez-de-chaussée en pièces d’habitation par quelque touriste en mal d’idée les amènent souvent à se plaindre d’une humidité nouvelle…

Au fil des années, le territoire d’Aubussargues continue à être façonné. A la fin du 19éme siècle, il est décidé de l’implantation d’une forêt au nord de la commune, au lieudit  Massargues. Privilège rare dans la région, celle-ci est plantée de feuillus et de conifères et soumise à la gestion des « eaux et forêts ». Dans les années 1880, une ligne de chemin de fer, la ligne d'Uzés à Saint Julien est prévue. Elle traversera la forêt de Massargues après avoir franchi les territoires d'Uzés, Montaren, Serviers. Un mémoire du Maire de l'époque, Monsieur Mathieu, fait état des craintes des Aubussargois de voir la ligne de chemin de fer bouleverser l'économie de la forêt. Une forêt " d'exception au point de vue des sa situation topographique, de la nature de son sol, de sa clôture naturelle, de la faculté d'y chasser, de son aménagement et des avantages qu'elle offre aux propriétaires pour le faucillage des herbes, l'élagage des bois, la dépaissance des gros et des petits bestiaux, les bruyères pour les fours communaux, les produits des coupes ordinaires et extraordinaires". Monsieur le Maire précise ; " Nous étions chez nous, dans un parc presque fermé, nos grosses bêtes et nos troupeaux à l'abri du danger; la dépaissance tranquille, l'exploitation et la vidange de nos bois facile, nos coupes bien réglées; la chasse commode et agréable... Tous ces avantages vont disparaître et à leur place nous aurons nos coupes morcelées ou enclavées, nos bêtes épouvantées, et par suite des pertes à éprouver; les cas d'incendie plus nombreux, et par leur fait des procès à soutenir". 

Je ne sais si les petits et gros bestiaux ont été épouvantés à la vue des trains à vapeur mais en ce qui concerne le risque d'incendie, les craintes se sont avérées réelles. Plusieurs  incendies ont malheureusement été causés par les trains à vapeur, à cause des cendres rejetées bien souvent par les mécaniciens de ces machines. La morale est toutefois sauve. La voie ferrée a été désaffectée, les rails enlevés, seule subsiste la plate-forme de la voie, transformée en chemin. La végétation a repris ses droits et la commune d'Aubussargues, expropriée au début du siècle a racheté les terrains à la SNCF il y a une vingtaine d'années.

Le dénombrement de 1384 attribue à Aubussargues 6 feux (soit 6 familles imposables. Uzés en comptait 120 à la même période; il faut préciser que ce dénombrement a eu lieu après les épidémies de peste, dont la première, dite de la grande peste, s’est répandue dès 1348). La population à travers les âges

Préhistoire :                                            

Station préhistorique d’Aubussargues : Elle se situe à l’ouest de la rivière le Bourdic. On y décrit des flèches de javelot, des flèches foliacées, grattoirs discoïdes, percoirs, scies et de la poterie ornée de guirlandes cannelées ou de pastilles.

La percée de la rivière le Bourdic à travers le relief de côte qui traverse son bassin supérieur de la plaine de la Gardonnenque constitue un site privilégié où les Préhistoriques trouvaient à la fois l’eau et le silex. Au nord-est du village d’Aubussargues, sur la rive gauche du Bourdic, au confluent de cette rivière et d’un ravin sec, vient mourir le serre de Montescaud (Montescaou) dont la longue croupe s’élève jusqu’à l’ancienne métairie de Juston. Sous le Second Empire, une vingtaine d’années avant la révélation de la première dalle anthropomorphe de Collorgues, on découvrit au pied de Montescaud, au quartier Cantagal, une grotte sépulcrale, considérée d’abord comme un dolmen, qui donna lieu, en 1865, à des fouilles dans le cadre de la préparation du Dictionnaire archéologique de la Gaule celtique. Lors de l’excursion du 15 mars 1866 furent recueillis des tessons de poterie, fragments de silex, les crânes dolichocéphales d’un jeune homme et d’une jeune femme, du matériel osseux entassé dans un couloir étroit associé à des pointes de flèches, à des couteaux. Sur un croquis du site, déposé au musée d’histoire naturelle de Nîmes, Emilien Dumas, géologue de Sommières indique plusieurs grottes. Étant donné l’emplacement, il est probable que les cavités ont été découvertes lors de l’aménagement de champs en terrasse. Lombard-Dumas, gendre d’Emilien Dumas, revenu sur les lieux en 1879, note que la grotte a disparu, sans doute suite à l’édification de champs ou de la route de Serviers (Départementale 136), édifiée au même niveau.

Hypogée de Cantagal à Aubussargues :

            Fouillée en 1865, cet hypogée n’a donné lieu à aucune relation quant à son architecture et à la disposition des squelettes et du mobilier les accompagnant. D’après Camille Hugues, on peut supposer qu’il était creusé dans un banc tendre encadré par 2 couches dures, ici du calcaire sannoisien. Lombard-Dumas a figuré 2 vases cylindriques ornés de cannelures en guirlande et métopes. Un poignard et des perles métalliques sont signalés. On indique également de la poterie cannelée, des lèvres plates incisées, une oreille pleine et une anse en boudin ainsi que des tessons incisés à cru.

            Les hypogées d’Aubussargues et de l’Uzége sont en liaison évidente avec des habitats de plein air établis sur les lieux mêmes. A Aubussargues, où elle s’étendait sur le serre de Montescaud dominant Cantagal, le tapis continu de garrigue envahissante à chêne-kermès (avaous) cache aujourd’hui, sur le versant occidental, le champ de Louis Velay dit Martin où les archéologues de 1866 ont récolté une série de tessons de poterie, de silex et de haches polies en roches dures, complété en 1879 par une belle pointe de flèche de Lombard-Dumas. Une partie du mamelon est jonchée de plaquettes de silex brut. Emilien Dumas y voyait un oppidum celtique. Camille Hugues, de la société préhistorique française, rapporte la station au Chalcolithique ( 2500 à 1800 ans avant notre ére ), au début de l’âge des métaux, habitats troglodytiques, comme la plupart des habitats et ateliers riches en silex qui, de Saint-Dézéry à Arpaillargues, jalonnent les hauteurs à l’ouest et à l’est d’Aubussargues.

 

Once upon a time in AUBUSSARGUES

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