La peste, ou maladie contagieuse....
Notre ancêtre Catherine
( Sosa n° 4683, 13e génération ) décédée de cette
maladie à Uzés (Gard) en 1629. Cette pandrénie de peste fit son apparition
après le départ du roi Louis XIII accompagné du Cardinal de Richelieu et de
ses armées. Louis XIII entra à Uzés le 10 juillet 1629 pour en repartir dès
le samedi 14 juillet ( ce n'était pas encore un jour férié !!! )
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La peste de 1720 ;
Le 25 mai 1720, le "Grand Saint Antoine", capitaine Jean-Baptiste
CHATEAU, de Marseille, rentre après dix mois et trois jours d'absence. Il a
fait escale à Smyrne, à Chypre, à Tripoli, à Chypre de nouveau, puis à
Livourne et il arrive en rade de Marseille. Le "Grand Saint Antoine" a
eu cinq morts suspectes en route, mais il a des patentes de santé en bonne et
due forme, signées par le médecin de santé de Livourne, un expert en matière
de peste.
Marseille a oublié la peste: les dernières épidémies ont été celles de
1630 et de 1649, il y a plus de 70 ans.Depuis, le port s'est doté de la
meilleure organisation sanitaire de la Méditerrannée. Colbert y a construit
les "Infirmeries" qui reçoivent marchandises et équipages pour une
quarantaine dont l'efficacité n'est plus à prouver. En trois quarts de siècle
de fonctionnement, pas la moindre fuite ne s'est produite, pas le moindre
incident sanitaire. Marseille ne croit plus à la peste.
Pourtant, le 20 juin, rue Belle-Table, une rue que les habitants des beaux
quartiers ignorent, Marie Dauplan, une miséreuse, meurt en quelques heures.
Elle a un "charbon" sur la lèvre. Elle a reçu, à titre d'aumône,
des vêtements ayant appartenu à l'équipage du "Grand Saint
Antoine". Le 28 juin, Michel Cresp, tailleur, meurt subitement sans le
moindre signe.Le 30 juin, sa femme le suit. Trois morts suspectes dans le même
quartier: le corps sanitaire ne réagit pas tant la réputation des
"Infirmeries" est solide. Le 1° juillet, deux nouvelles victimes,
deux femmes, avec un "charbon" sur le nez. Dans la semaine qui suit,
la mort frappe encore, plusieurs fois par jour. Puis, le 9 juillet, un
adolescent meurt dans un beau quartier cette fois. De vrais médecins, les
Puyssonnel père et fils, sont là. Le diagnostic tombe enfin: la peste ! Mais
trois semaines ont été perdues: il est trop tard. Dans la maison du jeune
garçon, personne ne survit. Au lazaret, la peste fait déjà rage mais elle a
aussi contaminé la ville. Le dispositif d'alarme n'est pourtant mis en place
que le 26 juillet par les échevins. Le 31 juillet on chasse trois mille
mendiants de la ville. La maladie se répand aux alentours. Début août, il
meurt, dans la ville, cent personnes par jour. A la mi-août: trois cents, fin
août : cinq cents. Début septembre, ce sont plus de mille cadavres qui, chaque
jour s'accumulent dans les rues. Car on meurt dans la rue et il n'y a plus de
charretiers pour emporter pêle-mêle ces cadavres jusqu'au crématoire
improvisé qui n'est d'ailleurs plus à même de les recevoir. On ne verra
réapparaître les corbillards à Marseille qu'au début de 1721, quand le
rythme des décès se ralentit enfin. La population saluera ces corbillards
comme le signe d'une délivrance. Pourtant, l'épidémie, avec des hauts et des
bas, est loin d'être terminée. Avec l'arrivée des mendiants chassés de
Marseille, la maladie est apparue d'abord dans les villages du littoral. Puis
elle s'est enfoncée dans les terres. Le Parlement d'Aix a interdit, sous peine
de mort, les relations avec Marseille: peine perdue. La peste s'étend, remonte
la vallée du Rhône. Paris s'émeut enfin et décide d'opposer aux grands maux
les grands remèdes. Une ligne de défense est instaurée. Tout trafic sera
bloqué entre le territoire infecté et les territoires encore sains. L'armée
établit ce barrage à travers montagnes et plaines, avec des postes de garde
espacés d'une portée de fusil. Personne ne peut franchir cette ligne. En cas
de refus d'obtempérer et de faire demi-tour, la consigne à la troupe est
claire: on ouvre le feu ! Aucune exception n'est recevable, fut-elle le passage
d'un enfant à baptiser.
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Texte de Danielle GRAND http://www.saga.online.fr